Créer une société en Thaïlande : Thai Co., BOI et Amity expliqués

Créer une société en Thaïlande est facile. Créer une société qui vous donne le droit d'y travailler légalement, de la contrôler et de dormir tranquille, c'est une autre affaire. Entre le Foreign Business Act, l'arithmétique des permis de travail et la promotion BOI, voici comment le système fonctionne réellement, avec les coûts et les délais de 2026.
Le cadre : le Foreign Business Act
La loi réserve de larges pans de l'économie aux sociétés majoritairement thaïlandaises. Conséquence directe : la Thai Co., Ltd. standard est thaïe par défaut, avec un plafond de 49 % pour les actionnaires étrangers dans la plupart des activités de services. Trois portes de sortie existent : une licence d'activité étrangère (rare et lente), la promotion BOI, ou le traité d'Amitié pour les citoyens américains.
Et soyons clairs sur le raccourci que des agents proposent encore : monter une société avec des actionnaires thaïs de paille pour garder le contrôle est illégal. Les contrôles sont actifs, l'administration vérifie l'origine des fonds des associés thaïs, et des structures sont démantelées. Si votre projet ne tient qu'avec des prête-noms, ce n'est pas un projet, c'est un risque.
La Thai Co., Ltd. classique
Deux actionnaires minimum, enregistrement au Department of Business Development en une à deux semaines, capital déclaré selon vos besoins. Elle convient quand vous avez un vrai partenaire thaï majoritaire, ou une activité où la minorité capitalistique se compense par des actions de préférence et des pactes d'actionnaires bien rédigés, dans les limites de la loi. Pour un restaurant, une agence ou un commerce visant le marché local, c'est le véhicule normal.
L'arithmétique du permis de travail
Détenir une société ne donne aucun droit d'y travailler : il faut un permis de travail, et la formule standard est connue de tous les comptables du pays :
- 2 millions de THB de capital par permis de travail étranger.
- 4 salariés thaïlandais déclarés à la sécurité sociale par étranger employé.
Deux associés étrangers actifs signifient donc 4 M THB de capital et 8 salariés thaïs. C'est ce ratio qui fait échouer les micro-projets : une société montée pour un seul freelance n'a économiquement aucun sens face à cette contrainte, d'autant qu'un DTV couvre le travail à distance pour des clients étrangers sans société locale.
La promotion BOI : la voie royale des vrais projets
Le Board of Investment promeut les secteurs jugés stratégiques : logiciel et tech, industrie, services internationaux, quartiers généraux régionaux. Une société promue BOI obtient ce que la Thai Co., Ltd. ne peut pas offrir : jusqu'à 100 % de capital étranger même dans des activités normalement restreintes, des permis de travail via un guichet unique sans le ratio de 4 salariés thaïs, et selon les cas des exonérations d'impôt sur les sociétés.
Le prix d'entrée : un vrai dossier. Business plan sérieux, capital d'investissement minimal (souvent 1 M THB hors terrain et fonds de roulement pour les services), obligations de reporting continues. Comptez 2 à 4 mois entre le dépôt et la promotion, puis la mécanique société, visa Non-B et permis de travail. Pour un studio de développement, une société SaaS ou un projet industriel, c'est presque toujours la bonne réponse.
Le traité d'Amitié : le privilège américain
Les citoyens américains bénéficient du Treaty of Amity : détention majoritaire, voire totale, d'une société thaïe dans la plupart des secteurs de services, hors quelques domaines réservés comme la terre. Les règles de permis de travail continuent de s'appliquer, mais le verrou capitalistique saute. Si vous êtes américain, commencez par là.
Les coûts de fonctionnement réels
| Poste | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Constitution (honoraires + frais) | 30 000 - 80 000 THB |
| Comptabilité mensuelle | 3 000 - 15 000 THB |
| Audit annuel (obligatoire pour toutes les sociétés) | 25 000 - 60 000 THB |
| TVA (7 %) | Obligatoire au-delà de 1,8 M THB de chiffre d'affaires |
| Impôt sur les sociétés | 20 %, taux réduits pour les petites sociétés |
| Dossier BOI (conseil) | 150 000 - 400 000 THB selon la complexité |
Ajoutez les cotisations sociales des salariés et, pour vous-même, la fiscalité personnelle décrite dans notre guide impôts pour expatriés. Le compte bancaire professionnel exige une présence physique et les banques appliquent aux sociétés le même tri qu'aux particuliers, voir le guide banque et transferts.
Votre projet mérite-t-il une société locale ?
Le Manuel de la Thaïlande gratuit contient l'arbre de décision complet : DTV, Thai Co., Ltd., BOI ou rien du tout, selon votre activité et vos clients.
Recevoir le manuel gratuitQuestions fréquentes
Faut-il une société pour investir dans l'immobilier ?
Pour un condo en pleine propriété ou une villa en bail 30 ans, non : ces structures se détiennent en nom propre, et monter une société à prête-noms pour contourner l'interdiction de posséder du terrain est illégal. Les montages sains sont détaillés dans notre guide acheter une villa en Thaïlande.
Peut-on tout faire à distance ?
L'enregistrement de la société, en grande partie oui, via un cabinet local muni de procurations. Le compte bancaire professionnel et le permis de travail exigent en revanche votre présence physique. Prévoyez au moins un séjour pour boucler la chaîne, deux si la banque se montre pointilleuse.
La promotion BOI est-elle accessible aux petites structures ?
Oui, plus qu'on ne le croit : des studios de développement de quelques personnes obtiennent la promotion dans les catégories logiciel. Ce qui compte n'est pas la taille mais la crédibilité du dossier : activité éligible, plan de recrutement réaliste, capital effectivement investi. Un projet solide de 3 ou 4 personnes passe, une coquille vide non.